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 La Dépêche

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Sylbao
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Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: La Dépêche   8/2/2009, 18:30

(Philippe Brassart, 14 Septembre 2008)

Elle écrit avec un Bic cristal bleu, ignore l'usage de l'ordinateur, n'a pas de portable ni de télévision. Elle est fantasque et gracieuse. Amélie Nothomb, fille d'un diplomate à la carrière trépidante, nous parle d'elle, et de ses livres.

LA DÉPÊCHE DU DIMANCHE : Numéro un chez les libraires pour la rentrée, c'est devenu une habitude…


Amélie NOTHOMB : Je ne le vis pas du tout comme ça ! A chaque fois, c'est un miracle encore plus formidable que la fois précédente.


DDD : Vous aimez accumuler les manuscrits. Vous en sortez un chaque année de votre tiroir selon vos humeurs ?

A.N. : Je n'en publie qu'une petite partie : 17 sur 63 et demi… J'ai toujours respecté l'ordre chronologique. J'aime publier quelque chose que j'ai écrit dans l'année. J'ai tendance à considérer les autres comme des vieilleries.


DDD : Qu'est-ce qui vous a amenée à l'écriture ?

A.N. : Le fait d'être une exilée, une déracinée - avec un père diplomate - a certainement joué un grand rôle ; il a surinvesti mon attachement pour le langage et la littérature parce que les seules choses que je ne perdais pas tous les trois ans au cours de mes déménagements successifs, c'était la langue que je parlais et les livres de la bibliothèque paternelle. Et puis, j'ai toujours construit des histoires dans ma tête parce que c'était le seul empire que je transportais avec moi. Enfin, avec l'adolescence, j'ai pu apprendre à les transcrire. Je suis passée du stade oral au stade écrit.


DDD : Vous avez porté longtemps des chapeaux extravagants, vous êtes anticonformiste. C'est une posture ?


A.N. : Je n'ai pas du tout ce sentiment. Je trouve difficile de vivre et la seule façon que j'ai trouvé de vivre, c'est celle-ci. Espérons que les autres l'acceptent parce que je n'en n'ai pas d'autre !


DDD : Votre dernier roman a pour héros un homme qui prend la place d'un mort. C'est un fantasme ?

A.N. : Je ne me suis jamais trouvée dans cette situation ! Mon narrateur est quelqu'un qui n'a pas réussi sa vie et qui, devenant un imposteur, a l'occasion de tout recommencer…


DDD : L'homme dont il usurpe l'identité roule tout de même en Jaguar…

A.N. : Il est certain qu'il n'aurait sans doute pas pris la place d'un SDF…


DDD : Pour prendre la place de quelqu'un, il faut savoir mentir ? Et vous, vous mentez ?

A.N. : Je suis écrivain. Mon métier, c'est un peu mentir…


DDD : Vous écrivez : « Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate ». Ça veut dire quoi ?

A.N. : Boire du très bon champagne est une des grandes choses de la vie. Il y a un moment - la quinzième gorgée pour moi- où on sent monter un trouble, et puis, miracle,tout devient accessible, on a le sentiment profond de sa noblesse - pas du tout au sens social mais au sens cornélien ; au-delà, c'est le délire absolu, qui mérite aussi d'être vécu.


DDD : Avec ou sans champagne, que faites-vous le dimanche?

A.N. : Ce jour-là, j'écris comme tous les jours, mais j'essaie de respecter un rituel l'après-midi : je me mets au lit avec tous les livres que j'ai envie de lire. J'ai un appétit de lire monstrueux.
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