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 Le Matin Dimanche (2011)

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Sylbao
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MessageSujet: Le Matin Dimanche (2011)   14/8/2011, 21:27

Amélie Nothomb: «J’ai toujours admiré le mouvement hippie»


13. août 2011, 20h43
Anne-Sylvie Sprenger





Coup d’envoi de l’automne littéraire avec l’incontournable nouveau Nothomb, «Tuer le père», qui s’adonne malicieusement aux joies de l’acide et de la triche.



«Tuer le père», Amélie Nothomb, Ed. Albin Michel, 151 p. En librairies le 18 août © DR


Un brin hippie, un poil délire, sans oublier sa touche d’ironie noire, voici le nouvel Amélie Nothomb: «Tuer le père». Attendu et convainquant, ce vingtième opus nous propulse de façon radicale dans l’Ouest américain, plus précisément au Nevada, haut lieu du jeu, de la triche et de la magie. Plus insolite que jamais, la romancière nous
invite à découvrir Burning Man, un festival artistique alternatif qui se tient chaque année dans le désert, entre utopie temporaire et fête païenne. Un roman rentre-dedans où l’étrangeté avoue sa part malsaine…


Dans ce récit, se croisent un fils en manque de père et un père en manque de
fils. Est-ce à dire que vous êtes à un âge où la question de la filiation vous travaille?

Non. Si tel avait été le cas, j’aurais intitulé mon roman «Tuer la mère». Je n’ai jamais souhaité être mère.

Vous placez ce récit dans le monde de la magie et du jeu, des univers qui vous fascinent?
La magie et le jeu ne sont pas seulement fascinants en eux-mêmes. Ils sont une articulation fascinante du bien avec le mal, car ils comportent une intersection.

Quel était le point de départ de ce roman?
J’ai assisté à Burning Man 2010.

L’absolue pureté de Joe côtoie la pire des machinations. Pensez-vous que le désir de pureté, poussé à son extrême, peut mener au pire?
Bien sûr: «Qui veut faire l’ange fait la bête» (Pascal).

Faut-il donc se méfier des rêves trop purs?
Oui, l’Histoire s’obstine à nous en donner de sinistres exemples. Et cette règle ne connaît pas d’exception.

Après «Voyage en hiver», vous abordez à nouveau le thème des substances psychotropes. Auraient-ils supplanté votre amour du champagne?
Il n’existe pas de concurrence entre les plaisirs. En contracter de nouveaux ne résilie pas les anciens.

Peut-on de quelque façon comparer l’état fourni par ces substances et la transe, si l’on peut parler en ces termes, de l’écriture?
Pas du tout. Ce sont des transes radicalement différentes et absolument inconciliables. Seule une longue digestion peut permettre que l’un nourrisse l’autre.

Faut-il lire dans votre définition du but de la magie, votre conception de l’écriture: «Faire douter du réel»?
Ce ne serait pas suffisant, mais cela en fait partie. Faire douter du réel peut participer à la remise en question des perceptions qui est l’objet de la littérature.

Plus que les psychotropes, vous nous plongez dans une réelle ambiance hippie. Vous sentez-vous une âme «Flower Power»? Est-ce une époque que vous auriez aimé vivre?
J’ai toujours éprouvé une sympathie profonde et une admiration réelle pour le mouvement hippie. Pour autant, je n’aurais pas souhaité vivre cette époque. Je préfère la musique que l’on écoute à Burning Man, tout enappréciant celle de Woodstock.

Une vraie cruauté surgit au cœur de ce récit, avec un réel «abus de confiance». Un thème qui ne
vous est pas étranger… C’est quelque chose qui vous poursuit, la question de la confiance que l’on donne, que l’on trahit?

La confiance est l’équivalent humain ou horizontal de la foi. Elle est le plus noble des paris métaphysiques et on en vit les conséquences, belles ou affreuses, d’immanente manière. Elle est le thème tragique par excellence. Humainement et littérairement, c’est ma valeur préférée.

Enfin, l’ombre de Freud est présente tout au long de ce récit… Quel est votre rapport avec la psychanalyse?
Je ne connais pas la psychanalyse. J’admire le très grand écrivain qu’est Freud; ce livre le cite sans confirmer ses vues. Je n’en sais pas davantage.






LES ENVIES D’IMPURETÉS D’AMÉLIE

FASCINANTE

Si Amélie Nothomb aime dévorer des fruits pourris, elle n’en a pas moins gardé un certain goût pour l’immaturité. Ainsi de ce roman de post-adolescence, noir et désenchanté, ironique et jouisseur à la fois. Elle y avoue sans fards ses plaisirs psychédéliques. Après le champagne, auquel elle voue un véritable culte, la voilà qui revient (après «Le voyage d’hiver») à l’apologie du LSD. Dérangeant, forcément. Enthousiasmant, diront les autres. Amélie Nothomb, geisha de l’ironie, personnage aussi dessiné qu’envoûtant, ose la perfidie, le mal, la décadence. Il y a de l’Amy Winehouse dans les romans de la Française, des envies de destruction. L’exigence de la jouissance, aussi. Jamais charnelle. Toujours dans l’ivresse et l’extase chimiques des esprits qui se libèrent. Mais de quoi cherchent-ils tant à se libérer? C’est le mystère Amélie Nothomb. Celui qui nous fascine, et interpelle, sans aucun doute, une petite part de nous, quelque part, bien terrée au fond de notre inconscient. Pas étonnant, dès lors, de la voir s’associer à Freud pour «Tuer le père». Et si ce n’était pas plutôt la barrière de notre conscience (face à l’inconscient? Bonne ou mauvaise?) qu’elle chercherait à renverser? La victoire n’est pas certaine. Le combat, lui,
a toute sa pertinence.
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