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 Canoë (2011)

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Sylbao
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MessageSujet: Canoë (2011)   29/8/2011, 00:16

TUER LÈ PÈRE


Sous le charme d'Amélie Nothomb

28-08-2011 | 04h52




Avec Tuer le père, son vingtième livre, Amélie Nothomb nous
entraîne dans l’univers étrange des magiciens. Abracadabra, on sort
maintenant de notre chapeau l’entretien qu’on a réalisé avec elle!






Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Amélie Nothomb est réellement une
auteure haute en couleur. Lorsqu’elle ne fait pas rire jaune en
confessant son goût prononcé pour les fruits pourris (de l’histoire
ancienne, on en convient!), qu’elle ne sort pas coiffée de chapeaux
noirs franchement excentriques, qu’elle ne donne pas carte blanche à son
imagination débridée bien avant l’aube ou qu’elle ne rend pas ses
confrères et consoeurs verts de jalousie parce qu’elle écrit en moyenne
quatre romans par année, elle s’arrange régulièrement pour détenir le
ruban bleu du titre le plus accrocheur de la rentrée.

Et avec Tuer le père, force est d’admettre qu’elle a frappé fort!


AU NOM DU PÈRE ET DU FILS


«Je voulais parler de la paternité, une relation que je trouve
fascinante, nous explique-telle
depuis la maison mère d’Albin Michel, où elle a d’ailleurs son propre
bureau afin de répondre quotidiennement aux nombreux courriels de ses
lecteurs. Si elle s’est très bien passée dans mon cas et que je n’ai
jamais voulu épouser mon père ou le tuer, elle donne cependant souvent
lieu à des relations problématiques, surtout entre père et fils.

«J’ai donc eu envie d’en sonder les mystères, car, en plus du schéma
oedipien typique qui en découle, il y a beaucoup de choses dans cet
amour. On peut entre autres ressentir le désir d’impressionner notre
géniteur, tout en cherchant à se libérer de son emprise pour se sentir
libre et pleinement adulte. Mon père, par exemple, aurait voulu que je
fasse de la politique. Il a toujours prétendu que j’avais l’âme d’une
politicienne, alors que pas du tout! Je ne sais pas où il a pêché ça et
je ne l’ai pas écouté, écrire étant ma plus grande passion.»

Amélie Nothomb a beau être un oiseau rare, elle n’est pas la seule
enfant terrible à avoir pris la plume pour voler coûte que coûte de ses
propres ailes. D’ailleurs, s’ils avaient sagement suivi à la lettre les
conseils de leurs parents, Honoré de Balzac serait devenu notaire,
Jean-Paul Sartre professeur, Anatole France libraire, Jean d’Ormesson
ambassadeur et Marguerite Duras commerçante.

De nobles professions, certes, sauf qu’aucune d’elles ne nous aurait permis de
dévorer Eugénie Grandet, La Nausée, L’Amant ou… Tuer le père. «Au moment où on se parle, le mien ne l’a toujours pas lu, précise miss Nothomb. Mais quand il le fera,
il va sûrement en avoir des frissons!»


PLACE À LA MAGIE


En ce qui nous concerne, les frissons ont bel et bien été au
rendez-vous. Même qu’on a carrément
frémi d’indignation dès les premières pages en découvrant quel genre de
mère avait élevé le pauvre Joe Whip. Pour vous donner une petite idée,
la dame a la cuisse tellement légère qu’elle n’a jamais su qui l’avait
mise enceinte.

C’est également une alcoolo patentée qui se soucie de son fils comme
d’une guigne. Et le jour où elle rencontrera enfin un type capable de la
supporter plus de deux mois d’affilée, elle n’hésitera pas un seul
instant à flanquer Joe à la porte sous prétexte que son nouveau Jules
déteste le voir s’adonner constamment à la prestidigitation.

«J’ai commencé à fréquenter des magiciens à Paris, vers 2002, précise
l’écrivaine. Il y en avait beaucoup parmi mes lecteurs et ils
m’invitaient sans cesse à leurs spectacles. Au
début, ça ne m’intéressait pas du tout. Mais après m’être dit: "Allons-y
pour leur faire
plaisir!", j’ai découvert un milieu fascinant.

Je me suis rendu compte que les magiciens produisaient chez les autres
des réactions très violentes. On les déteste ou on les aime, car ils
essaient de nous libérer de la réalité, ce qui n’est pas toujours facile
à accepter. Par contre, comme ce n’est pas un métier nécessairement
payant, certains magiciens deviennent croupiers et afin d’arrondir leurs
fins de mois, la tentation de tricher est immense. Du coup, j’ai
imaginé cette histoire…»


CARTES SUR TABLE


Si on en revient à Joe Whip, rassurezvous: il ne tombera pas dans
l’indigence et
s’en sortira même plutôt bien, justement parce qu’il a plus d’un tour de
magie dans son sac. S’exerçant aux cartes avec frénésie depuis l’âge de
huit ans, il est en effet devenu si habile pour les faire apparaître ou
disparaître à sa guise qu’on lui demandera rapidement de se produire
dans plusieurs bars de Reno.

C’est donc ainsi qu’il entendra parler de Norman Terence, l’un des plus
grands magiciens du monde, et qu’il ira ensuite le trouver dans l’espoir
de devenir son élève. Joe deviendra cependant bien plus que cela
puisque Norman, qui n’a pas d’enfant, finira par le considérer comme son
propre fils.

«Ces deux hommes-là, je les ai sentis naître en moi, confie la jolie
Belge. C’est très étrange, la naissance d’un personnage: dès que
j’entends sa voix, je vois ses caractéristiques physiques et mentales se
dessiner peu à peu.»

Mais ce qu’il y a de plus étrange encore, c’est le dénouement de Tuer le père. Abracadabrant
à souhait, on s’est dit que la magie nothombienne avait tout simplement opéré une fois de plus!

À noter: Tuer le père sort en librairie dans le courant de la semaine prochaine.





Tout fleu tout flamme


Grâce à Tuer le père, on a presque l’impression d’assister au
festival Burning Man, un événement culturel qui se déroule chaque année à
la fin août dans le désert de
Black Rock, au Nevada.

Comme il bat présentement son plein (et ce, jusqu’au 5 septembre!), on a eu envie d’en savoir plus.

«J’ai fait Burning Man 2010 en toute innocence, mon éditeur américain
m’ayant convaincue d’y aller afin d’établir plein de nouveaux contacts,
explique Amélie Nothomb. Je n’en ai établi pratiquement aucun et j’ai
aussi raté la rentrée littéraire parisienne, mais je n’ai vraiment pas
regretté cette incartade. En fait, je ne m’attendais pas du tout à tant
aimer l’expérience.

La beauté des relations humaines m’a frappée, parce que les rapports
sont aussi simples que généreux. Dans ma vie, jamais je n’ai vu ça
ailleurs. Chacun vient montrer le meilleur de lui-même et les fire
dancer sont franchement fascinants. On y croise également beaucoup de
magiciens, Las Vegas étant la capitale mondiale de la magie, ce que je
ne savais pas.»

«Par contre, malgré tous les magiciens qu’il y avait là-bas, Joe Whip et
Norman Terence sont des personnages de fiction, ajoute l’écrivaine.
Seule Christina -la petite amie fire dancer de Norman Terence-, existe
réellement. Je l’ai rencontrée à Burning Man 2010, parmi les 40 000
personnes qui étaient présentes. Dans Tuer le père, je raconte cependant Burning Man 1998. Et à l’époque, il n’y avait que 20 000 personnes…».
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De Merteuil
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MessageSujet: Re: Canoë (2011)   11/9/2011, 12:57

Je n'ai pas encore lu le livre mais bon sang ce qu'elle est belle sur cette photo.
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Canoë (2011)
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